Salta navigazione.
50 ans SUSLLF
Società Universitaria per gli Studi
di Lingua e Letteratura Francese

Voeux de Pâques 2016

Pâques 2016 - Les vœux du Bureau

 

Victor Hugo dit: «Il faut que l’herbe pousse et que les enfants meurent.» Moi je dis que la loi cruelle de l’art est que les êtres meurent et que nous-mêmes mourions en épuisant toutes les souffrances pour que pousse l’herbe non de l’oubli mais de la vie éternelle, l’herbe drue des œuvres fécondes, sur laquelle les générations viendront faire gaiement, sans souci de ceux qui dorment en dessous, leur «déjeuner sur l’herbe».
Marcel Proust, Le Temps retrouvé

               Cyrano
[...] mais maintenant ce serait
Insulter
Cette nuit, ces parfums, cette heure,
la Nature,
Que de parler comme un billet doux
de Voiture!
Laissons d’un seul regard de ses
astres, le ciel
Nous désarmer de tout notre
artificiel:
Je crains tant que parmi notre
alchimie exquise
Le vrai du sentiment ne se volatilise,
Que l’âme ne se vide à ces passe-
temps vains,
Et que le fin du fin ne soit la fin des
fins!
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte III, scène VII

Si les écrivains, plus que d’autres utilisateurs de dictionnaires, ont avec eux un rapport privilégié, c’est aussi une forme d’allégorie: celle du rapport entre lire, écrire et le temps. Car l’écrivain est celui qui met du temps dans les mots, leur donne plus que du temps, il leur donne le temps, par le pouvoir qu’ils ont ensuite de continuer d’agir.
Henri Meschonnic, Des mots et des mondes

IV
Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C’est l’oiseau
inconnu. Il chante avant de s’envoler.
V
La sagesse est de ne pas s’agglomérer, mais, dans la création et dans la nature communes,
de trouver notre nombre, notre réciprocité, nos différences, notre passion, notre vérité, et
ce peu de désespoir qui en est l’aiguillon et le mouvant brouillard.
VI
Allez à l’essentiel: n’avez-vous pas besoin de jeunes arbres pour reboiser votre forêt?
VII
L’intensité est silencieuse. Son image ne l’est pas. (J’aime qui m’éblouit puis accentue
l’obscur à l’intérieur de moi.)
René Char, Les Matinaux